De la dignité de la vie à la dignité de la personne humaine : quelques distinctions dans le débat sur les techniques génétiques

1 Philosophe et juriste de formation, docteur en philosophie du droit, l’auteur de cet article est également postdoct au Centre de recherche en droit public de l’Université de Montréal. À l’origine, cet article a été rédigé durant l’été 2002, au Centre universitaire de Luxembourg, dans le cadre d’un stage financé par l’IIREB (Institut International en Éthique Biomédicale). Que les membres du Comité de direction scientifique de cet institut trouvent ici ma profonde reconnaissance. J’aimerais également remercier les responsables du Département des lettres et des sciences humaines du Centre universitaire de Luxembourg pour leur soutien.

Résumé

Dans les discussions sur les biotechnologies, l’argument de la dignité humaine conduit souvent à l’impasse. Le philosophe et sociologue allemand, Jürgen Habermas, craint que le débat, qui s’est ouvert récemment autour de la recherche sur les embryons, les diagnostics prénatal et préimplantatoire, et le clonage, se polarise, de nouveau comme c’était déjà le cas, en Allemand et dans les autres pays occidentaux, au sujet de l’avortement. La seule façon de sortir de cette polarisation – et c’est là un des apports importants de Habermas – est de distinguer nettement la dignité humaine, d’une part et d’autre part, la dignité de la vie humaine. D’un point de vue éthique et juridique, l’argument de la dignité humaine ne saurait nécessairement s’étendre au fœtus ou embryon. Car, la dignité humaine est liée à la symétrie qui détermine la relation liant les membres d’une communauté morale. Elle n’est pas un fait naturel, une propriété qu’on a par nature comme l’intelligence ou le fait d’avoir les yeux bleus. Au contraire, la dignité humaine désigne cette «inviolabilité» qui ne peut avoir de sens que dans les relations interpersonnelles de reconnaissance mutuelle et dans un rapport d’égal à égal des personnes entre elles. Néanmoins, le fœtus ou l’embryon peut, d’une certaine manière, échapper à notre contrôle et disposition en référence à la dignité que nous devons à la vie de l’espèce humaine. De ce point de vue, nos conceptions modernes de la vie anté-personnelle et la façon dont nous voulons nous comporter par rapport à cette vie forment, pour ainsi dire, un environnement éthique stabilisant de l’espèce pour la morale rationnelle des sujets de droits moraux.

English

In the debate on biotechnologies, the argument of human dignity often leads to a deadlock. The german philosopher and sociologist, Jürgen Habermas, fears that the debate, which was recently opened around research on the embryos, the diagnosis before birth and pre-implantation, and the cloning, it’s polarizing. Again as we have seen it previously in German, and in the other Western countries, about abortion. The only way of leaving this polarization, and it is one of the significant contributions of Habermas, it is in one hand to clearly distinguish human dignity, and in the other hand the dignity of human life. From an ethical and legal point of view, the argument of human dignity would not know how to reach to the foetus or embryo. And, because human dignity is related to the symmetry which determines the relation binding members of a moral community, It is not a natural fact, or a property which by nature we own like intelligence or the fact of having blue eyes. On the contrary, human dignity shows this "inviolability" which can only have a meaning in the interpersonal relations of mutual recognition and in a relationship peer to peer between people. Nevertheless, the foetus or embryon can somehow escape our control and provision in reference to the dignity which we owe with the human life. From this point of view, our modern designs of the anti-personal life and the way in which we want to behave compared to this life form, so to speak, of an ethical environment stabilizing mankind, for the rational morals of of peoples’s moral rights.

Citation recommandée

Henri Mbulu, « De la dignité de la vie à la dignité de la personne humaine. Quelques distinctions dans le débat sur les techniques génétiques », (2004) 9-3 Lex Electronica. En ligne : http://www.lex-electronica.org/s/803.
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