Le sous-titre des Mélanges
consacrés à
Andrée Lajoie – Ledroit : une
variable dépendante – n’est pas
neutre : d’abord, parce qu’elle en est
elle-même l’auteure ; ensuite, parce qu’elle a travaillé à traquer, dans
la
réalité phénoménale tout autant que discursive, toute prétention à la
neutralité.
Le concept de
variable est intimement lié à la
formulation d’une hypothèse dont on sait qu’elle se définit comme le
pivot de l’élaboration
d’un projet de recherche quand, une fois abreuvée d’un cadre théorique
qui la
surdétermine, elle bascule vers les efforts de démonstration et les
stratégies
de vérification appelés à l’infirmer définitivement ou à la confirmer
toujours
temporairement. Les variables, entre dimensions théoriques et
indicateurs
empiriques, obéissent à une structure interactionnelle dans une relation
de causalité,
de covariance, d’imputation, etc. Ces rapports soumettent l’observation à
une
dynamique présupposée entre des données inertes (variable indépendante)
et des
données mutantes (variable dépendante), souvent sous l’effet de facteurs
de
changements (variable intermédiaire). On parlera donc de variations
impulsées par
des combinaisons, des séquençages, des coordinations entre des concepts
d’abord,
puis entre des faits (incluant les faits discursifs) qui rendront compte
plus
adéquatement de la réalité et qui enrichiront les connaissances.