J’ai été le premier étudiant d’Andrée Lajoie à m’intéresser au droit des
autochtones. Mes travaux de l’époque étaient principalement axés sur
une analyse du droit positif et négligeaient des perspectives pourtant
chères à Andrée Lajoie, en particulier l’étude des liens entre le droit
et la réalité sociale. À mesure que j’approfondissais ma connaissance du
droit des autochtones, j’ai pris graduellement conscience du caractère
incontournable d’un regard extérieur sur le droit, qui pouvait découler,
à l’exemple des travaux ultérieurs d'Andrée Lajoie, d’une approche
sociologique permettant de comprendre les effets du droit sur les
peuples autochtones et les déterminants sociaux et politiques de la
construction de ce droit, mais aussi d’une approche philosophique
permettant de justifier (ou, le cas échéant, de critiquer) l’application
aux autochtones de règles particulières.