L’objet de cette étude n’est pas d’analyser pour eux-mêmes les rapports
sociaux de sexe ni même la façon dont le droit entérine ou induit ces
rapports, mais de repérer les endroits et les moments où la règle de
droit est « sexuée » ou à l’inverse « aveugle au sexe » – « genderblind
», comme on dit « colorblind ». Nous nous intéresserons aux contextes
dans lesquels le droit prend (ou ne prend pas) en compte la dimension du
sexe et du genre, attache des conséquences
juridiques à la distinction homme/femme, autrement dit érige les
«hommes» et les « femmes » en catégories juridiques, ainsi qu’aux
raisons qui peuvent expliquer que, selon les cas, l’appartenance à l’un
ou l’autre sexe constitue ou non une donnée juridiquement pertinente.