Lorsque André Tremblay, vice-doyen à la recherche et à l’enseignement
supérieur, m’a proposé de devenir l’assistante de recherche d’Andrée
Lajoie, je ne pouvais savoir qu’il m’offrait, sur un plateau d’argent,
l’aventure intellectuelle de ma vie. Elle était déjà ma professeure à la
maîtrise, en voie de devenir mon modèle. Sa générosité m’impressionnait
lorsqu’il s’agissait de partager ses connaissances et ses idées. Elle
n’était pas celle qui n’osait le faire de crainte qu’on lui vole ses
hypothèses de recherche. Sa convivialité intellectuelle l’a d’ailleurs
bien servie, à preuve, les premiers lecteurs et critiques de ses textes,
notamment les Jean Beetz, Jean-Louis Baudouin, Pierre Carignan,
Pierre-André Côté, François Chevrette, Yves Ouellette, Gilles Pépin,
Pierre Trudel et Marcel Pépin. Elle n’était pas non plus celle qui
passait sous silence ce que les autres lui avaient appris et respectait
ceux et celles qui ébranlaient ses certitudes ou qui demandaient d’en
être convaincus.
Enfin, elle voulait que la voie qu’elle traçait à ses assistants et
assistantes de recherche devienne la leur, sans rien demander en retour.
À cela s’ajoutaient sa profession de foi envers la psychanalyse, l’amour
des chiens et le cercle enviable de ses amitiés.