L'objet de notre article a trait à la problématique de la protection des modes de vie autochtones et minoritaires, qui se traduit aujourd'hui par un contentieux croissant, devant deux juridictions régionales des droits de l'homme, à savoir les Cours Européenne et Interaméricaine des droits de l’homme. L'évolution se manifeste à la lecture des jurisprudences récentes, sans qu'il ne s'agisse d'un processus achevé de reconnaissance. L'année 2001 verra en effet, consacrer deux décisions phares en la matière. La première, l’affaire Chapman c. Royaume Uni, du 18 janvier, devant la Cour européenne des droits de l’homme, déclare pour la première fois que « l’article 8 [de la Convention européenne] impose aux États contractants l’obligation positive de permettre aux Tsiganes de suivre leur mode de vie ». La seconde, l’affaire Mayagna (Sumo) Awas Tingni Community v. Nicaragua, du 31 août, devant la Cour interaméricaine des droits de l’homme, reconnaît la propriété collective des terres et l’importance des terres ancestrales pour la préservation de leur culture, de leur spiritualité, de leur intégrité et de leur survie économique. Depuis, cette évolution jurisprudentielle, audacieuse bien que non homogène, se poursuit.
Or, existe-il aujourd'hui, un droit au respect des modes de vie traditionnels pour les communautés minoritaires ou autochtones? Quelle est sa valeur, son régime juridique et ses limites? Qui bénéficie de ce droit, l'individu ou le groupe?