Repenser le travail au-delà du productivisme avec le droit social : mise à l’épreuve d’une méthode à travers le cas de l’emploi convenable
Résumé
Face à l'urgence écologique, repenser le travail au-delà du productivisme devient une nécessité. Pourtant, les recherches actuelles sur le futur du travail restent largement théoriques et apparaissent insuffisamment concrètes et étayées pour être discutées, réappropriées et mises en oeuvre. Pour dépasser ces limites, cette contribution propose une nouvelle méthode fondée sur le droit social, qui définit et organise le travail.
Cette méthode repose sur l’identification d’ « utopies latentes », c’est-à-dire des exceptions au productivisme qui existent déjà dans les systèmes nationaux de droit social. Elle propose ensuite d’élaborer, sur la base de ces exceptions, des propositions juridiques qui sont des « possibilités objectivement réelles » d’émanciper le travail du productivisme. Cette méthode est mise à l’épreuve à travers un premier cas d’étude : la notion d’emploi convenable dans les prestations de chômage. Après avoir identifié les exceptions au productivisme déjà présentes dans ce mécanisme, nous élaborons trois propositions juridiques susceptibles de les étendre. La première valorise les services de care effectués dans la sphère familiale. La deuxième garantit la subsistance des secteurs jugés écologiquement ou socialement utiles. La troisième organise un frein à l'exercice d'emplois écologiquement ou socialement néfastes. Ces propositions, ancrées et susceptibles d’être réappropriées, illustrent l’opérationnalité de la méthode proposée.
Mots-clés
Droit social – Post-productivisme. – Productivisme – Transition écologique – Travail – Travail Droit social
